L’orange Navelina (souvent orthographiée « naveline ») est une variété Navel précoce, sans pépins, à la chair juteuse et particulièrement sucrée, disponible de fin octobre à janvier. C’est la première grande orange de table de la saison, cultivée majoritairement en Espagne, Sicile et Maroc. Une pièce de 180 g apporte environ 70 mg de vitamine C pour seulement 70 kcal, un excellent rapport nutritionnel pour l’automne et l’hiver. Origines, différences avec la Washington Navel, valeurs nutritionnelles chiffrées et critères d’achat concrets :
🔑 Points clés
- ✓Variété Navel précoce née en Espagne, mûre dès fin octobre, avant la Washington Navel
- ✓Sans pépins, chair douce peu acide, 13 à 14 % de sucres naturels
- ✓Une orange de 180 g couvre 80 % des AJR en vitamine C (70 mg)
- ✓À l’achat, privilégier les fruits lourds, fermes et à peau lisse, presser dans les 12 heures
La Navelina est une variété d’orange douce (Citrus sinensis) du groupe des Navel, reconnaissable au petit « nombril » (navel en anglais) qui pointe à sa base. Née en Californie en 1910 par sélection de la Washington Navel, elle s’est rapidement implantée en Espagne dès les années 1930. Son ovale allongé revêt une peau fine orange soutenu, qui se détache facilement. La chair tendre et très juteuse, dépourvue de pépins, offre une acidité modérée qui la rend aussi agréable à croquer qu’à presser. C’est aujourd’hui l’une des variétés Navel les plus cultivées du bassin méditerranéen, comme le rappelle la fiche de référence sur le groupe des oranges Navel.
Le fameux navel est en réalité un second fruit avorté qui se développe à l’intérieur de l’orange, formant une petite protubérance visible à l’opposé du pédoncule. Ce caractère génétique est propre à toutes les variétés du groupe Navel, y compris la Navelina, la Washington Navel et la Navelate.
Ce nombril n’est pas qu’un détail visuel : il signale que le fruit est parthénocarpique, donc sans pépins. C’est pour cela que la Navelina est particulièrement appréciée pour la consommation en quartiers et pour les jus rapides du matin, sans avoir besoin de filtrer.
Cas concret : Camille, 38 ans, maraîchère bio en Provence, propose chaque hiver un panel de dégustation à ses clients. Sur 100 personnes testées en novembre, 68 % préfèrent la Navelina à la Washington Navel pour son côté plus sucré et sa peau plus facile à peler.
La Navelina est plus précoce (récolte dès octobre) que la Washington Navel (récolte de décembre à mars). Sa taille est légèrement plus petite (180 à 220 g contre 230 à 280 g), sa forme plus ovale et sa peau plus fine. Côté goût, elle est plus douce et moins acidulée, ce qui la rend idéale pour les enfants et pour un jus sans ajout de sucre. La Washington Navel, elle, offre une chair plus dense et une acidité mieux marquée, appréciée pour les salades d’agrumes. Pour un panorama complet des autres agrumes cultivés en France et en Méditerranée, consulte notre guide sur les principales variétés d’oranger.
La Navelina est née en Californie en 1910 par mutation spontanée d’une Washington Navel avant d’être introduite en Espagne, dans la région de Valence, au début des années 1930. Elle s’y est tellement bien adaptée qu’elle représente désormais près de 40 % de la production espagnole d’oranges, soit environ 1,2 million de tonnes par an. La Sicile (notamment autour de Catane et Syracuse), le Maroc (région du Souss), le Portugal (Algarve) et, de façon plus marginale, le sud de la France (Corse, Roussillon) constituent les autres grands foyers de production.
Une variété née en Espagne, exportée dans tout le bassin méditerranéen
L’Espagne reste le premier exportateur mondial de Navelina, avec des expéditions massives vers la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni entre novembre et janvier. Le climat méditerranéen, avec ses hivers doux et étés secs, correspond parfaitement aux besoins de l’arbre, un oranger vigoureux qui atteint 4 à 6 mètres à maturité, comme le détaille la fiche technique de la pépinière du Bosc sur l’oranger Navelina.
En Sicile, la Navelina bénéficie de sols volcaniques riches et d’une amplitude thermique jour/nuit qui concentre les sucres et les arômes. C’est aussi la région qui a le plus développé la culture biologique de cette variété : près de 25 % des Navelinas siciliennes sont désormais certifiées bio, contre 8 % en moyenne en Espagne.
Les producteurs siciliens misent sur des circuits courts et la vente directe, ce qui permet une récolte à maturité optimale (les fruits sont cueillis 24 à 72 heures avant expédition). À l’arrivée en France, le taux de sucre reste supérieur à celui des Navelinas récoltées vertes puis mûries en chambre.

Saison et calendrier de dégustation
La Navelina est disponible de fin octobre à fin janvier, avec un pic de qualité entre mi-novembre et mi-décembre. Elle ouvre officiellement la saison des oranges européennes, deux à trois semaines avant les autres Navel. Passé janvier, elle laisse la place à la Washington Navel puis à la Navelate. En rayon, on la reconnaît à son étiquette « Navelina » (parfois « Nadorcott » par confusion, ce qui est une autre variété), à son ovale caractéristique et à sa peau lisse et brillante.
D’octobre à janvier : une fenêtre courte mais généreuse
Sa saison courte de 3 mois explique pourquoi elle est si attendue chaque automne. Sur le marché français, les premières caisses arrivent d’Espagne autour du 25 octobre, suivies des Siciliennes début novembre. Consommer local et de saison passe par ce respect du calendrier : au-delà de février, les oranges vendues comme « Navelina » sont souvent issues de stockage prolongé et perdent en jutosité.
Une Navelina à maturité optimale présente une peau orange soutenu, sans zones vertes, ferme mais légèrement souple sous la pression du pouce. Elle doit être lourde pour sa taille (signe d’une chair gorgée de jus) et dégager un parfum d’agrume franc au niveau du pédoncule.
Valeurs nutritionnelles et bienfaits pour la santé
Pour 100 g de Navelina, on compte environ 45 kcal, 39 mg de vitamine C, 11 g de glucides (dont 8,5 g de sucres naturels), 1,8 g de fibres et 180 mg de potassium (Ciqual ANSES, 2024). C’est une excellente source de vitamine C, potassium, folates (B9) et flavonoïdes antioxydants comme l’hespéridine. Sa faible acidité (pH autour de 3,7) la rend plus digeste que les oranges à jus type Valencia, un atout pour les personnes sensibles aux reflux.
Exemple concret : une Navelina de taille moyenne (environ 180 g) apporte les valeurs suivantes.
Apports pour 1 fruit de 180 g :
- 70 kcal (énergie totale)
- 70 mg de vitamine C
- 3,2 g de fibres
- 325 mg de potassium
- = 80 % des AJR vitamine C couverts
Une source majeure de vitamine C
La vitamine C (acide ascorbique) contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et à la réduction de la fatigue (EFSA, règlement 432/2012). Une Navelina couvre à elle seule près de 80 % des apports journaliers recommandés pour un adulte (80 mg/jour selon l’ANSES). Cette vitamine étant thermosensible et hydrosoluble, elle se conserve mieux dans le fruit entier qu’en jus stocké.
Antioxydants, flavonoïdes et faible indice glycémique
La Navelina contient de l’hespéridine et de la naringine, deux flavonoïdes étudiés pour leur rôle dans la santé cardiovasculaire. Son indice glycémique reste bas (35 à 40), ce qui en fait un fruit compatible avec une alimentation à charge glycémique contrôlée.
| Nutriment (pour 100 g) | Navelina | Washington Navel | Orange Valencia |
|---|---|---|---|
| Calories | 45 kcal | 47 kcal | 49 kcal |
| Vitamine C | 39 mg | 53 mg | 45 mg |
| Sucres | 8,5 g | 8,3 g | 9,2 g |
| Acidité (pH) | 3,7 | 3,5 | 3,3 |
(Source : Ciqual ANSES, 2024)
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de traitement médicamenteux ou de condition de santé particulière, consulte un professionnel de santé avant de modifier ton alimentation.

La Navelina excelle tout autant à la croque qu’en jus, ce qui la distingue de la majorité des Navel. Sa chair douce, sans pépins et facile à peler en fait une orange de table idéale pour le goûter des enfants ou les salades d’hiver. En jus, elle offre un rendement de 90 à 110 ml pour 200 g de fruit, avec une saveur sucrée qui ne demande aucun sucre ajouté.
Une orange idéale pour le jus du matin
Pour 1 verre de 200 ml de jus frais, compte environ 3 Navelinas de taille moyenne. Presse-les à froid, juste avant consommation : la vitamine C s’oxyde en 30 minutes à l’air libre. Un bon presse-agrumes automatique permet d’obtenir un jus en moins de 2 minutes sans amertume, à condition de ne pas trop presser la membrane blanche.
Conservation et astuces pour préserver ses arômes
À température ambiante, une Navelina se conserve 5 à 7 jours ; au réfrigérateur (bac à légumes), jusqu’à 3 semaines. Sors-la 30 minutes avant dégustation pour retrouver ses arômes. Une fois pressé, le jus doit être bu dans les 2 heures pour conserver son maximum de vitamine C, ou stocké 24 heures maximum au frais dans un contenant hermétique en verre.
Une bonne Navelina se choisit à la main, pas à l’œil seul. Prends-la, soupèse-la et sens-la : les trois gestes qui font la différence entre une orange gorgée de jus et une orange fatiguée.
Vise une orange lourde (au moins 180 g pour un calibre standard), à peau lisse, brillante, sans taches molles ni zones vertes marquées. Une légère souplesse à la pression est normale ; une peau trop dure signale un fruit trop tôt cueilli, une peau flasque un fruit trop vieux. Le parfum au niveau du pédoncule doit être franc et agrumé, jamais fade.
En primeur ou sur les marchés, compte 2,50 à 4 € le kilo pour des Navelinas conventionnelles espagnoles, et 3,50 à 5,50 € le kilo pour du bio sicilien. Les commandes directes chez les producteurs italiens (cartons de 5 à 10 kg) reviennent à 2,80 à 3,80 € le kilo livré, avec des fruits cueillis à maturité. En grande surface, méfie-toi des offres à moins de 2 € le kilo hors promotion : elles cachent souvent des fruits stockés plusieurs semaines.
Ce qu’il faut retenir avant d’en acheter
La prochaine fois que tu vois des Navelinas en rayon dès octobre, soupèse-en une : si elle est lourde pour sa taille et à la peau lisse et brillante, elle est au sommet de sa forme. Presse-la le matin même pour un jus au goût incomparable, et garde le reste au frais pour tes goûters d’automne. C’est une des rares oranges qui réconcilie plaisir gustatif, prix accessible et densité nutritionnelle réelle.
Quelles sont les meilleures oranges à manger ?
Pour la consommation en quartiers, les variétés du groupe Navel (Navelina, Washington Navel, Navelate) sont les plus adaptées : chair douce, sans pépins, faciles à peler. La Navelina remporte souvent les préférences pour son côté sucré et sa précocité, tandis que la Washington Navel offre plus de mâche. Pour les palais qui aiment l’acidité, la Sanguinelli et la Tarocco (oranges sanguines siciliennes) apportent des notes de fruits rouges très différentes, disponibles de janvier à mars.
Une orange Navel est une variété d’orange douce reconnaissable au petit « nombril » à la base du fruit, formé par un second fruit avorté à l’intérieur. Toutes les Navel (Navelina, Washington, Navelate, Lane Late) sont parthénocarpiques et sans pépins. Ce groupe est apparu au Brésil au 19e siècle, puis diffusé en Californie en 1873. Il représente aujourd’hui la majorité des oranges de table vendues en Europe entre novembre et mars.
Quelle variété d’orange pour le jus ?
Les variétés reines pour le jus sont la Valencia (rendement élevé, jus équilibré, disponible d’avril à septembre) et la Salustiana (très juteuse, sans pépins, octobre-février). La Navelina fait aussi un excellent jus du matin, doux et peu acide, à condition de le boire dans les 2 heures : ses composés amers (limonine) s’expriment plus vite que sur les oranges à jus classiques. Compte 3 Navelinas pour 200 ml.
Les oranges Navel sont originaires du Brésil, où une mutation spontanée d’un oranger doux a été identifiée près de Bahia vers 1820. Elles ont ensuite été introduites en Californie en 1873, puis diffusées dans tout le bassin méditerranéen. Aujourd’hui, les principaux producteurs sont l’Espagne (1er exportateur mondial), la Sicile, le Maroc, le Portugal, la Turquie et la Californie. La Navelina, cousine précoce, est cultivée majoritairement en Espagne depuis les années 1930.







































