Le retour du chanvre : des fleurs aux fibres, voici pourquoi il est écologique

plantes violettes et blanches dans un jardin

Après un déclin dans les années 1970, la superficie cultivée en cannabis sativa a décuplé en cinq ans, dépassant aujourd’hui les 4 000 hectares. Considérée comme un investissement risqué, cette culture est en réalité durable. Ses utilisations, grâce à ses fibres et à ses fleurs, sont multiples : textile, construction, cosmétique, etc.

Désormais, lorsque nous parlerons de chanvre, nous ferons toujours référence à l’une des 75 variétés autorisées par l’Europe, toutes avec une teneur en tétrahydrocannabinol (THC, la substance psychoactive des fleurs de cannabis) inférieure à 0,2 %, ce qui les exclut de la catégorie des stupéfiants.


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La France et le chanvre

La suprématie francaise du chanvre s’est estompée au fil du temps. Dans les années 1950, l’arrivée des fibres synthétiques a freiné l’innovation, et nos producteurs sont restés attachés aux méthodes traditionnelles, inefficaces et pénibles pour les ouvriers. Ainsi, dans les années 1970, il ne restait plus que 900 hectares de ce qu’ils appelaient « l’or vert ».

Le chanvre dans l’histoire

Rares sont ceux qui ont déjà vu un plant de chanvre de leurs propres yeux, même si presque tout le monde le reconnaîtrait sans doute à ses fameuses feuilles vertes, dentelées et lancéolées, grâce notamment aux efforts d’acculturation iconographique des campagnes anti-prohibitionnistes. 

Le chanvre est probablement la plus ancienne plante à fibres cultivée par l’homme. Hérodote en parlait déjà au Ve siècle avant J.-C. On l’utilisait pour fabriquer des cordages et des voiles pour les navires romains. 

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Les chutes de tissu de chanvre servaient à fabriquer du papier : la plupart des exemplaires de la Bible de Gutenberg furent imprimés sur du papier de chanvre importé d’Italie, et les brouillons de la Déclaration d’indépendance des États-Unis furent rédigés sur ce même papier. 

Certaines des œuvres les plus célèbres de l’histoire de l’art mondial furent peintes sur des toiles de chanvre – et ce n’est pas un hasard si le mot anglais « canvas » (toile) dérive du latin « cannabis » (cannabis ) . 

Par ailleurs, n’oublions pas que Levi Strauss , le père du jean , commercialisait des tissus de chanvre. En bref, nous parlons d’une plante qui, même si nous l’avons oubliée, fait partie de notre histoire.

Le cannabis est respectueux de l’environnement

Cette limitation ne tient pas seulement au manque de potentiel de développement économique, mais aussi à la durabilité environnementale de ces cultures : le cannabis est en effet une culture écologique. Il pousse très vite, jusqu’à 4 mètres en trois mois, et nécessite très peu d’eau, bien moins que le coton. Il absorbe énormément de CO2 , l’un des principaux gaz à effet de serre, à tel point que, pour augmenter les rendements, les cultures en intérieur sont parfois enrichies en dioxyde de carbone. 

C’est une culture plus durable que toute autre, peut-être juste après la luzerne, et il n’a pas besoin d’être traité avec des produits chimiques, des engrais, des pesticides ou des herbicides. 

Aucun pesticide n’est spécifiquement homologué pour le chanvre. Cela en fait l’une des cultures les mieux adaptées à l’agriculture biologique. 

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De plus, les champs de cannabis abritent une riche biodiversité d’animaux sauvages et d’insectes. Ses racines absorbent les métaux lourds des sols contaminés, à tel point que plusieurs essais de phytoremédiation avec du chanvre sont en cours

Dire que le chanvre est une fibre polyvalente est presque un euphémisme. Comme nous l’avons vu, son utilisation la plus ancienne, et toujours la plus répandue au monde, concerne le textile. Un usage ancestral, certes, mais loin d’être démodé. Il y a peu, par exemple, Levi’s a lancé son jean composé à 70 % de coton et à 30 % de chanvre, issu, de surcroît, de champs non irrigués et arrosés uniquement par la pluie.

De la construction aux cosmétiques

Les extraits de feuilles et l’huile de CBD, comme sur JustBob.fr, obtenue par pression des graines, servent à fabriquer des savons, des crèmes et des laits démaquillants. En remplacement de la fibre de verre ou de la laine de roche, le cannabis est souvent utilisé dans la fabrication de panneaux automobiles, parfois mélangé à des polymères pour rendre les composants plus résistants et plus légers. 

Les graines, la farine (sans gluten, donc adaptée aux personnes cœliaques) et l’huile sont utilisées dans l’industrie agroalimentaire pour la fabrication de pâtes, de biscuits, de sauces et de desserts, ainsi que pour aromatiser le café, le thé et la bière. 

Certains utilisent même le chanvre pour produire des bioplastiques compostables et biodégradables. En bref, sans vouloir faire de comparaisons déplacées, rien ne se perd avec le chanvre.

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